Hachis parmentier épicé au panais

Hachis parmentier épicé au panais
Hind
par

Nous sommes en 435 avant J.C et à l’ombre des ombellifères, le renommé philosophe Socrate gambade gaiement dans les rues d’Athènes, alpaguant le chaland, hélant les quidams de passage pour les interroger sur leur propre ignorance.

A l’ombre des ombellifères, Socrate a été décrété le plus sage des hommes par l’Oracle de Delphes en personne, Excusez du peu ! Et il n’a de cesse de questionner, d’instruire, de chatouiller les esprits, d’invoquer la raison contre le dogme, partout où il va, pauvrement vêtu, en ascète convaincu. Il lui arrive de rester debout, immobile pendant des heures : Socrate médite, apprend à se connaitre lui-même avant de tailler la bavette philosophique avec les passants.

Nous sommes en 399 avant J.C et à l’ombre des ombellifères, la mort rôde et il ne fait pas toujours bon  philosopher. Voilà donc notre humble Socrate accusé d’impiété, d’outrage aux dieux et de corruption de la jeunesse. A l’ombre des ombellifères, l’intolérance est de tous les siècles: condamné à mort,Socrate meurt empoisonné par une solution à base de grande Ciguë.

Mais oui la grande Ciguë, une cousine du panais que diable ! Car les ombellifères alias les Apiacées, du nom de leur patron botanique, le céleri (Apium en latin) contiennent une ribambelle de membres à ombelles (ces petits inflorescences en formes de parasols délicats). Jugez plutôt : le fenouil, la carotte, le panais, le céleri-rave, le persil-racine mais aussi le persil commun, le cumin, le carvi, le cerfeuil, l’aneth, l’anis vert, sans oublier les poisons comme la petite et grande ciguë. Au total,1600 espèces se côtoient dans cette grande famille capable du pire comme du meilleur.

Mais loin de cette toxique cousine, intéressons-nous au panais, légume injustement oublié (moins chez nos copains britanniques ou le « parsnip » a toujours fait loi), et longtemps dominé, écrasé que dis-je étouffé par sa voisine carotte. La carotte qui à l’origine se dotait de la même pâleur suave avant de rougir subitement on ne sait trop comment. Mais oui la science botanique conserve encore quelques mystères jalousement gardés. Vous retrouverez une recette différente au panais dans le tagine ici.

Occupons-nous donc aujourd’hui joyeusement avec une recette pour enfants difficiles qui s’enfuiraient à la vue d’un panais. La purée est la tactique magique de la cuisinière à bout de souffle faisant plaisir aux tablées ingrates tout en dissimulant la drôle de racine poilue et légèrement sucrée pour revisiter un grand classique : le hachis Parmentier ou « panaisien » en l’occurrence. Un plat réconfortant et flemmard qui peut se déguster à la petite cuiller : le bonheur des chaumières est parfois dans la simplicité.

Choisissez de préférence du curcuma frais disponible dans toutes les adresses biologiques et surtout ne sortez pas le robot pour écraser la purée sous peine d’élasticité peu ragoûtante.

Cette recette est devenue un grand classique familial et comme disait Socrate :

« La faim est le meilleur des assaisonnements, elle ne coute rien et rend agréables tous les mets » !

A vos fourneaux !

Pour 4 personnes

Pour le hachis :

  • 700 g de de bœuf haché
  • 2 oignons émincés
  • 3 gousses d’ail pilées au sel
  • 1 c à s de gingembre frais haché
  • 1 petit botte de persil plat haché (ou de coriandre)
  • 1 cc de curry de madras
  • 1 cc de cumin
  • 1 cc de paprika
  • ¼ cc de cannelle
  • ½ cc de piment frais épépiné et haché très finement
  • 200g de tomates pelées en boite(car ce n’est point la saison des tomates)
  • ½ cube de bouillon de bœuf ou de volaille

Pour la purée

  • 600g de panais
  • 2 pommes de terre farineuse (environ 300g)
  • 1 cc de cumin moulu
  • 2 cc de curcuma frais râpé ou 1 cc de curcuma en poudre
  • 50 g de beurre
  • 20 cl de crème fraiche
  • Sel,poivre, noix de muscade fraichement râpée

Pour le gratin (facultatif)

  • 2 à 3 c à s de chapelure mélangée à 2 c à soupe de parmesan râpé.

Préchauffez le four à 200°C

Préparez le hachis : faites sautez l’ail et l’oignon à l’huile d’olive dans une grande poêle .Ajoutez le gingembre, le piment puis la viande. Assaisonnez de cumin, curry, cannelle et paprika et faites sautez jusqu’à ce que la viande brunisse

Baissez le feu, ajoutez les tomates, le persil et le cube de bouillon, ajoutez un peu d’eau si nécessaire et laissez mijotez pendant 20 minutes jusqu’à ce que la sauce réduise et épaississe

Pendant ce temps faites cuire les panais et les pommes de terre à l’eau bouillante salée ou à la vapeur pendant une vingtaine de minutes

Écrasez-les une fois égouttés à l’aide d’un presse purée ou d’une fourchette (surtout pas au robot, malheureux, sous peine d’avoir une texture élastique) en rajoutant le beurre et la crème fraiche : salez, poivrez « muscadez ». Ajoutez le curcuma et le cumin et admirez votre purée jaune !

Dans un grand plat à gratin disposez votre hachis au fond et recouvrez de purée de panais  : enfournez pendant 15 minutes environ

Si vous succombez à la tentation du gratin intempestif, saupoudrez nonchalamment de chapelure mélangée au parmesan et passez sous le grill à 200°c pendant environ 3 à 5 mn

Servez chaud avec une belle salade.

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Commentaires

  1. […] Carotte d’hiver, carotte sauvage, grand chervis, pastina, pastonado, pastenak, pastounadezen : nous avons déjà frequenté sur ces pages notre ami Panais,cette apiacée bonhomme , longtemps confondue avec sa cousine carotte, sous la forme de tajines amicaux ou de gratins des familles. […]

  2. […] le hachis parmentier au panais de Mademoiselle Tomate, du blog Voyage en […]

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